A toutes les âmes écologiques perdues ne sachant pas par où commencer pour concrétiser leur défense de l’environnement: celles qui soutiennent les marches pour le climat et considèrent d’un œil bienveillant le compost et les abeilles ; à ceux (et celles) qui trouvent « qu’il n’y a vraiment plus de saison » ni « d’insectes sur les pare-brises » mais sans oser aller plus loin ou sans savoir comment; à celles et ceux qui ressentent un malaise mais ne savent pas par où commencer ; à celles et ceux pour qui l’écologie paraît trop compliqué … Cet article vous est dédié: en avant pour dix habitudes à prendre qui, mises bout à bout, joueront leur part dans ce grand enjeu qu’est l’écologie.

« Dessine-moi un monde sans pollution... » paraît nous supplier cet adorable lama. Photographie de Bolivie, 2018.

Un court article que je complèterai au fil du temps afin de vous renvoyer vers plus d’infos utiles relatives aux différentes thématiques. Liste qui n’est pas hiérarchisée, dans la mesure où chaque action compte; seule la somme de nos actions pourra changer quelque chose aux défis collectifs que nous rencontrons actuellement.

N°1 : Ta consommation de produits d’origine animale tu réduiras

*Un article plus approfondi sur le sujet sera bientôt publié 😉 *

††Sans prôner le végétarisme ou le véganisme, réduire sa consommation hebdomadaire de viande et plus largement de produits d’origine animale contribue largement, non seulement à diminuer notre bilan de CO2 mais également à diminuer notre part dans la pollution mondiale et d’autres problèmes écologiques.

Pourquoi?

Pour pouvoir manger de la viande ( et du fromage etc…), il faut d’abord élever les animaux qui finiront dans notre assiette. Cela implique également de les nourrir. Or, dans notre système mondialisé, certains pays sont spécialisés dans la production de nourriture pour le bétail (par exemple les fameux et tristement célèbres tourteaux de soja du Brésil) qui est énormément consommatrice d’énergie elle-même, puisque faire pousser des céréales pour le bétail implique déjà de l’eau, une agriculture motorisée, transporter et stocker ces céréales, appauvrir le sol par une monoculture extensive (= cultiver un seul type de céréale sur d’immenses parcelles de terrain, qui va puiser année après année les mêmes nutriments dont elle a besoin sur cette unique mais géante parcelle), et cela revient également à utiliser de la terre agricole uniquement pour nourrir les animaux au détriment des populations humaines locales… Bref les implications écologiques sont déjà énormes du côté de la nourriture végétale de notre gentille vache. Ensuite, notre vache (appelons la Marguerite), il faut la stocker vivante, le temps qu’elle se nourrisse et grandisse assez pour être rentable (puisque c’est bien de ça qu’il est question, pas de sa qualité nutritionnelle ou gustative, ni bien évidemment de son bien-être).

Certes, certains élevages se font dans des conditions décentes dans des fermes à échelle plus réduites mais, à échelle planétaire et même à échelle française (on parle quand même de 80% d’élevage intensif en France c’est-à-dire en cage ou dans des bâtiments dont les animaux ne peuvent pas sortir !), la plupart sont élevées dans d’immenses parcs où des milliers de vaches (vaches: à transposer avec les volailles, les moutons… tout cela fonctionne de la même façon) sont entassées et le plus souvent, dans de mauvaises conditions pour elles comme pour leur environnement immédiat.

Elevage industriels : photos prises par L214

Lorsque cela se produit en plein air (cf.les élevages en Australie, Afrique du Sud etc), ces milliers de bêtes entassées abîment considérablement le sol, contribuent à son érosion et appauvrissement par leur pâture et le piétinement continuel du sol qu’engendre les millions de pas de ces milliers de bêtes. De plus, comme nous, les vaches pètent… Oui oui, sauf que, vu la taille de la vache, c’est assez considérable en émanation de méthane… Multiplié par les 1.7 milliards de bovins qu’il y a sur terre (quasi exclusivement pour notre consommation), les 1.9 milliards d’ovins, les 980 millions de porcs et les 19 milliards de volailles… Je vous laisse imaginer la suite.

CQFD (ce qu’il fallait démontrer): mangez moins de viande! Une à deux fois par semaine ça suffit amplement, votre porte feuille sera super content, votre cœur vous remerciera, et sans rien faire, vous contribuerez à réduire la pollution et le taux de CO2. Si possible, approvisionnes-toi auprès de producteurs dont l’installation est éthique et de taille restreinte. Pour tous les aspects, écologiques, éthiques, nutritionnels, les produits de fermes dont le « parc » est restreint sont bien plus intéressants !

N°2 : Les produits locaux tu privilégieras

Tu me vois venir j’imagine avec les produits locaux …Non ? *Roh qu’une reloue celle-là…*

Eh oui, comme j’ai commencé à l’évoquer plus haut concernant l’élevage industriel, la production alimentaire actuelle est mondialisée et obéit là également à une logique de spécialisation, et « d’innovation » agricole (style OGM et autres réjouissances) afin d’obtenir des prix toujours plus concurrentiels.

Une enquête très instructive de la part du journaliste Jean-Baptiste Marlet (dont un extrait est paru dans Le Monde Diplomatique, mais qui a également écrit à ce sujet le livre L’empire de l’or rouge : enquête mondiale sur la tomate d’industrie), nous révèle comment les variétés de tomates sont de plus en plus hybridées non pas pour être bonnes mais pour que leur peau soit de plus en plus résistantes lors des transports en camion. Par ailleurs, là où ça devient encore plus intéressant, c’est que l’itinéraire de la tomate qui atterit dans nos assiettes sous forme de sauce tomate, est d’abord cultivée dans une province chinoise, avant d’être acheminée vers d’autres régions du monde pour la transformer en sauce (de différentes qualités : les meilleures vont aux marchés occidentaux tandis que les autres noient les petits marchés locaux en Afrique) et l’emballer. Le siège social se trouve pour la plupart des marques aux Etats-Unis par contre…

D’accord me diras-tu… mais qu’est-ce que ce Ketchup a à voir avec mon écologie ?

Plusieurs choses! La principale est la suivante : les produits que nous retrouvons dans nos supermarchés ont souvent fait plusieurs fois le tour de la planète du fait de la dissociation des étapes de fabrication. En réalité, c’est une hypocrisie économique puisque nous, en tant que consommateur, ne payons pas le prix réel de ce que nous mangeons. En effet, nous sommes dans une économie reposant sur l’abondance de l’énergie bon marché: le pétrole. Même si nous avons tendance à penser que les prix augmentent, en réalité, son coût reste complètement dérisoire, et l’est à tel point, qu’il permet de compenser le coût de la distance par l’accessibilité de la main d’oeuvre bon marché que les industries vont chercher selon leur gré dans différentes régions du monde. Autre anecdote révélatrice de ce processus de fabrication : en Allemagne du Nord, il existe une salade à base de petites crevettes pêchées en mer du nord et mises en sauce avec une sorte de mayonnaise. Sur le coup, on se dit: niquel c’est local. En réalité, après avoir été pêchées de manière industrielles, ces pauvres petites crevettes vont gentiment visiter les pays du Maghreb pour y être triées, décortiquées, lavées etc.. Avant de revenir vers leur débouché d’origine: le nord de l’Allemagne…

Donc, pour une simple boîte de céréales, de conserve, de viande… tu pollues énormément par industries interposées (puisque si, tes choix en tant que consommateur ont un impact ! => merveilleuse et terrifiante responsabilité) qui transportent nos produits sur des milliers de kilomètres car ces dernières ont gentiment délocalisées leur production afin d’augmenter leurs marges sur le dos de la main d’oeuvre moins chère…

Petit bonus: si l’argument de la distance ne suffit pas à te convaincre, penses également à tout ce que tu ne maîtrises pas en achetant un produit qui est transformé, raffiné par l’industrie agro-alimentaire : les additifs, la provenance de la matière première (je devrais plutôt utiliser le pluriel pour les provenances, étant donné qu’il s’agit souvent d’assemblage comme pour les céréales du petit déjeuner par exemple), le salaire et traitement des employés… Et tout ça est encore dans l’hypothèse où les industriels te font bien manger ce que tu es sensé trouver dans tes raviolis au cheval (ahem) au bœuf (donc à supposer que tes épices en poudre n’ont pas été coupées à d’autres moins chères pour en diminuer la quantité dans le poids du produit fini par exemple; à ce sujet, lire le bouquin Mais vous êtes fous d’avaler ça! )…

Petit bonus bis : en plus, en mangeant local ( si possible bio et à taille humaine …), tu contribues à soutenir des gens de la région, au moins de ton pays, tu renoues avec ton terroir et ton patrimoine culinaire 😉

N°3 : Du Zéro Déchet tu t’inspireras

Je ferais prochainement un article sur le Zéro déchet plus détaillé avec astuces, pistes de réflexion et critiques constructives …

Le « continent » de plastique, sympathiquement à la dérive sur nos océans…

Le Zéro Déchet consiste, comme son nom l’indique, à tenter de réduire au maximum ses déchets, voire, pour certains à les supprimer (attention cependant aux déchets cachés et à la pollution déplacée : je te renvoies pour cela à mon article sur le ZD 😉 ). En somme, il s’agit surtout d’éviter au maximum le sur-emballage.

WTF le sur-emballage?!

Pour celles et ceux qui n’auraient pas (encore, je l’espère!) réfléchi sur le sujet, tous les jours, nos occupations font que nos utilisons (puis jetons…) une quantité astronomique d’emballages inutiles. Petite liste à la Jacques Prévert de nos emballages:

  • Le sachet plastique autour de nos pâtes
  • le bocal/ la conserve de nos haricots
  • La conserve de notre plat préparé (miam les bons raviolis au cheval ;P )
  • Le carton, la barquette plastique, le film plastique de notre plat micro-ondable à emporter pour le boulot
  • Le gobelet en plastique (ou plus vicieux, j’ai nommé: le gobelet en carton plastifié!) de notre café tête-dans-le-chou du matin en allant à la fac/ au boulot/ en balade (rayer la mention inutile)
  • La bouteille en plastique de notre boisson du jour: jus de fruit, soda, eau gazeuse..;
  • L’emballage en carton & plastique de nos produits cosmétique
  • Le flacon en plastique de notre shampoing et savon
  • L’emballage individuel de ta serviette hygiénique ET/OU l’emballage plastique + applicateur de ton tampon (inutile si tu es un lecteur masculin n’est-ce pas)
  • L’emballage plastique qui protège tes mouchoirs à usage unique ( qui sont donc à fortiori des déchets également)
  • Les post-its plastifiés
  • Les pochettes plastiques pour que ton classeur soit bien rangé et ordonné
  • Les fibres synthétiques qui composent aujourd’hui la majorité de nos habits…
  • ETC … ! La liste est malheureusement infinie …

Or, avons-nous besoin de ces emballages ? Pour certains, à moins de changer d’habitudes (du style sachet « fraîcheur »), ils sont difficiles à éviter. Pour d’autres, il s’agit simplement d’y penser : refuser les couverts en plastiques et les remplacer par des couverts ramenés de chez-soi, réutiliser l’emballage papier pour les légumes lors des courses, arrêter le café quotidien à emporter et/ou le remplacer par un mug réutilisable…

Le mérite du Zéro Déchet est à mon sens, surtout de nous faire prendre conscience de la quantité de matière première non renouvelable que nous utilisons futilement au quotidien. C’est une approche très intéressante et prometteuse, qui gagnerait à être enrichie des autres considérations à mon sens (c’est-à-dire consommer local, penser également à l’aspect écologique des produits en vrac que l’on achète etc…).

CQFD: Cherches toujours à utiliser le moins de déchet et d’emballage possible (échange les sachets plastiques du commerce par un tote-bag, achètes-toi une bouteille en inox avec laquelle tu ne t’intoxiqueras pas aux micro-plastiques…) … Et lis mon prochain article sur le zéro-déchet ! 😉

N°4 : Ton empreinte-carbone, tu calculeras

Petite définition préalable de l’empreinte carbone :  » On appelle “empreinte carbone” la mesure du volume de dioxyde de carbone (CO2) émis par combustion d’énergies fossiles, par les entreprises ou les êtres vivants. […]
Le calcul de son empreinte carbone aide à définir les stratégies et les solutions les mieux adaptées à chaque secteur d’activité et de participer ainsi plus efficacement à la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Le calcul de l’empreinte carbone permet aussi de compenser ses émission de CO2. Il existe actuellement plus d’une trentaine de structures qui proposent des mécanismes de compensation du CO2.  » Définition proposée par Dictionnaire Environnement.

Encore une fois, plutôt que de devenir obsessionnel et monomaniaque de ton « footprint », il s’agit davantage d’une prise de conscience nécessaire. Dire que « la voiture pollue plus que le vélo », effectivement cela va sans dire… Cependant, en prendre véritablement conscience, notamment en comparant et en se représentant la quantité de CO2, cela a un potentiel « choc » à mon sens bien plus important.

Prenons un exemple concret pour illustrer la violence de l’empreinte carbone: mon trajet personnel du domicile au travail par jour est de 42 km pour un aller; soit 84 km Aller/retour. Admettons que je prenne la voiture pour y aller car les horaires de train ne sont pas adaptés, ne circulent pas sur mon trajet, j’aime pas prendre le train, être avec d’autres personnes me saoule … (bref, un des nombreux cas de figure qui font que la plupart des gens préfèrent leur véhicule personnel aux transports en commun). Avec un véhicule diesel qui consomme 7L/100km, la plateforme Myclimate m’indique que je brûle 0,023 Tonnes de CO2 par jour.

Fort bien mais maintenant qu’on a dit ça, on a rien dit… Cela devient de suite plus concret quand on calcule grosso merdo, à une ou deux vaches près (ce n’est pas une science exacte, n’est-ce pas Perceval ?), ce que cela signifie à échelle annuelle. A échelle annuelle, si on est un petit chanceux qui a droit à deux mois de vacances par mois, cela nous fait quand même 300 jours par an/ 365 à faire le trajet car il faut se rendre au travail… Un calcul relativement simple que même moi, avec mes fabuleuses capacités mathématiques j »arrive à faire, m’amène à : 300 x 0,023 = 6,9 Tonnes de CO2 par an pour me rendre au travail.

Si on rajoute tous les trajets « loisirs » et courses, et disons qu’on veut partir une fois dans l’année en Guadeloupe en amoureux parce qu’on le mérite bien … On arrive à environ 5 tonnes de plus. On dépasse la dizaine de tonnes de CO2 par an assez facilement, vous en conviendrez. Notez que la moyenne des français consomme 16,4 tonnes de CO2 (d’après l’article de dictionnaire=environnement cité plus haut dans la définition).

Ma simulation de l’impact de mes vacances annuelles

Pour celles et ceux que je n’aurais pas encore trop convaincu, car réfléchir en tonnage n’est pas intuitif (NB: déjà parler en termes de tonnes est assez révélateur de nos pratiques … Si nous exprimions nos émissions de CO2 en termes de grammes, nous serions sur la bonne voie !), voici un petit visuel qui vous aidera peut-être.

Pour conclure sur ce commandement, voici quelques sites internet qui te permettront soit de calculer ton empreinte carbone, soit, encore mieux, ton footprint, soit ta consommation générale des ressources naturelles:

Myclimate

Footprintcalculator : un calculateur basé sur l’habitat, les transports et le mode d’alimentation.

Calculateur de Footprint WWF : je l’affectionne particulièrement car il prend vraiment de nombreuses rubriques en compte ( y compris l’acheminement de l’eau et l’électricité, les services publics, achats de mobiliers et de vêtement…). Chaque rubrique est expliquée au début et illustrée par des sacs poubelles. A la fin du test, votre « équivalent-planète » vous permet de voir combien de planète il nous faudrait pour vivre si chacun dépensait autant d’énergie et émettait autant de CO2.

CQFD: Penser en termes d’empreinte-carbone t’amèneras peut-être à reconsidérer tes trajets sous un autre angle : peser le pour et le contre, penser aux implications écologiques et adopter différentes pratiques et stratégies. L’empreinte-carbone se doublera idéalement de l’approche foot-print afin de pas oublier les autres types de pollution générées (extraction des matières première, pollution des cours d’eau, génération de déchets plastiques et autres, délocalisation de l’exploitation de la main d’oeuvre…) … Vaste programme n’est-ce-pas?! 🙂

N°5 : Ton usage de l’avion tu reconsidèreras

L’utilisation de l’avion suit une courbe exponentielle… En gros la fréquentation des avions explose quoi… Or, l’avion est le mode de transport le plus émetteur de CO2 et est de plus en plus utilisé car de faible coût. Par exemple, pour relier le nord au sud de la France, il me serait souvent plus économique de prendre l’avion via une compagnie low-cost que de prendre le train.

En réalité, ces bas coûts sont cependant fictifs, puisque le secteur aérien dispose d’énormément de subventions, avantages fiscaux entre autres qui leur permettent de proposer des prix défiant toute concurrence (pauvre SNCF, à côté, elle ne fait pas le poids!). De plus, le coût environnemental du trafic aérien est également rendu fictif par le simple fait que ses émissions de CO2 sont souvent exclues des bilans nationaux… En gros, un pays peut paraître bon élève puisque les émissions dues au trafic sont gentiment balayées sous le tapis ! Le secteur aérien contribue à hauteur d’environ 3% des émissions de gaz à effets de serre, d’après différents articles que j’ai pu lire sur le sujet (Pour les intéressé(e)s: un petit article par-ci, un autre là, un dernier par-ici 😉 ) mais provoque bien d’autres nuisances, à la fois au niveau écologique (par exemple les traînées de condensation que l’on trouve si jolies vues du sol jouent potentiellement un rôle aussi néfastes que les « classiques » émissions) et humains (notamment concernant les nuisances sonores, une association ayant par exemple cartographié les « impacts sanitaires des bruits des transports » à Paris et montrait des liens avec la fréquence de maladies cardio-vasculaires, des perturbations du sommeil… en bref de multiples facteurs contribuant de manière générale à faire baisser la qualité et l’espérance de vie).

Enfin d’un point de vue plus « philosophie-de-comptoir », il me semble que notre usage excessif de l’avion, consistant par exemple à partir juste le week-end prendre trois photos instagrams dans une capitale européenne (au choix: Prague, Copenhague, Amsterdam and Co.), représente bien une domination de l’approche consumériste que nous avons appliqué également au domaine formidable pour l’imaginaire et le développement de soi qu’est un voyage: nous consumons les « best of » et incournables du tourisme de masse, parfois de manière effrénée et sans en profiter, car qui peut se vanter de cerner un tant soit peu une population, des traditions, un terroir en seulement un jour et une nuit?

Il me semble également que cela contrevient à la poétique du voyage, qui transforme le voyageur en lui imposant un regard neuf et une transformation interne du simple fait qu’il suscite un décalage dans le regard, un dépaysement de la pensée… Pour disposer de tout cela, il y a tout le processus du voyage, c’est-à-dire celui qui consiste à considérer le chemin parcouru comme étant aussi fondamental que la destination à atteindre. Or, les voyages courts en low-cost, pour l’histoire d’une « virée le week-end », se focalisent justement sur la destination, et évacuent toute la question du cheminement…

CQFD: Avant de cliquer sur « réserver », une bonne pratique consiste déjà à explorer les alternatives à l’avion: covoiturage, bus, train… Beaucoup existent et te feront aussi sûrement économiser quelques coûts 🙂

Le CQFD de conclusion :

Il s’agit ici de quelques notions à avoir en tête pour penser à changer de regard sur les enjeux écologiques; trop souvent notre egocentrisme (au sens littéral, c’est-à-dire simplement notre regard autocentré), nous fait évacuer les questions trop complexes et la lenteur de la réflexion au profit de l’action et de l’efficacité immédiate. Cela abouti notamment à ne pas penser de manière systématique à inclure tous les êtres vivants dans notre vision du monde, comme les insectes, les plantes, les animaux … Il ne s’agit pas d’un exercice évident, les anciens réflexes reviennent bien souvent au galop mais l’important est la constance de l’effort et la volonté durable de s’améliorer 😉 !

J’espère que cet article t’auras donné quelques pistes de réflexions, qu’elles soient nouvelles, supplémentaires ou complémentaires à celles que tu avais déjà auparavant; n’hésites pas à guetter mes nouveaux articles que je publierai régulièrement sur les nombreux arbitrages et difficultés du mode de vie et pensée écologiquement-responsable… A très vite donc!

6 commentaires sur « Les 5 commandements d’un(e) vrai(e) écolo(e?) »

  1. Cet article qui s’ouvre sur la nécessaire réduction de la consommation de produits d’origine animal, illustrée d’un lama photographié en Bolivie et de l’exemple des vacances en Guadeloupe me rappelle cet article ci dessous qui me fait dire que mes grands-parents paysans, tout aussi étroit d’esprit et anti-écologiste qu’ils sont, resteront paradoxalement beaucoup plus écologiques que chacun d’entre nous :
    http://www.slate.fr/story/94591/allemagne-electeurs-verts-avion

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    1. Salut Loic,
      Dis donc, tout premier commentaire que je reçois sur mon blog avec prise en flagrant délit de contradiction écologique ˆˆ »… ça craint ! je ne pensais pas être percée à jour si vite !
      Plus sérieusement, effectivement les photos peuvent laisser complètement dubitatif mais pour l’instant, n’étant pas familière avec les droits d’auteur, je préfère utiliser uniquement les photographies que j’ai prises, ce qui fait que pour l’instant ma « banque d’images à dispo » est assez limitée…
      Et parlant de contradictions et paradoxes, j’aimerais justement y consacrer quelques articles car il me semble que c’est justement tout le coeur de notre problème actuel, je ne sais pas ce que tu en penses ? En réalité, je pense qu’il n’y a malheureusement pas de réponses simples et de solutions miracles puisque même les énergies « renouvelables » se prêtent à questionnements sur de nombreux points… Du coup les fameux « commandements » (à entendre avec humour et second degré de ma part en tous cas) étaient plus disons les « actes » consensuels qui statistiquement ont suffisamment d’études à leur appui pour démontrer un impact positif.
      En tous cas merci pour ton message et ta remarque constructivement critique 🙂 et à bientôt j’espère pour d’autres débats contradictoires !

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      1. Bravo pour cet article. Surtout un très bon choix dans les 5 commandements, qui ont à la fois une grand intérêt écologique, et le mérite de rester accessibles à tous !
        Le défi qui est posé est justement celui d’embarquer avec nous une partie de la société non-initiée vers un mode de vie écologique, c’est-à-dire éveiller la conscience d’un ensemble de personnes qui ont grandi avec la technologie et avec des habitudes de consommation de masse sans avoir eu encore l’occasion de les remettre en cause. Proposer des défis « accessibles », qui correspondent à notre société, est donc très important. Evidemment, les sociétés antérieures qui ont mûri dans d’autres univers sociaux – comme celle de nos grands parents paysans – étaient probablement bien moins impactantes, mais cela ne résulte pas de leur choix personnel. Aujourd’hui, l’un des grands défis de la transition écologique est justement de faire basculer nos contemporains vers d’autres habitudes de vie, et qu’ils le fassent de manière volontaire !
        Il faut donc éviter à tout prix d’être « obsessionnel et monomaniaque » comme tu le dis si bien, au risque de dégoûter les gens ! Souligner les illustrations de l’article comme cela est fait dans le commentaire précédent me paraît justement obsessionnel et peu productif, et je ne vois personnellement aucune contradiction : heureusement que nous pourrons encore utiliser des photos de lamas dans la société que nous voulons construire !
        Maintenant, est-ce que l’éveil collectif et les démarches volontaires seront suffisantes face au défi écologique ? C’est là une vraie question…
        Mais encore bravo !

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      2. Merci Simon pour ton commentaire ; c’est génial de pouvoir obtenir les points de vues de différentes personnes à partir d’un écrit qui provient de ma propre sensibilité et approche ; finalement le virtuel permet beaucoup de partage 😉 !
        Effectivement pour ce qui est des démarches volontaires et de leur caractère suffisant … C’est vraiment un changement et un effort de chaque instant je trouve, puisque rien dans notre société et nos modes de vie ne sont pensés pour (ex: l’effort anodin mais néanmoins perpétuel d’essayer de trouver des alternatives aux déchets et de penser à refuser constamment quand on nous en offre en abondance comme les flyers, les couvercles … and co ; idem pour penser aux économies d’eau quand on se lave juste les mains … )… Bref, une démarche passionnante mais qui est tant englobante qu’il nous faut essayer de tout repenser :-); en tous cas merci de ton soutien, j’espère rédiger de manière assez claire et pas trop barbante ^^!

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