Depuis quelques temps, j’ai fait mon « coming-out » de reconversion professionnelle en permaculture. Beaucoup de personnes enthousiastes sont venues me parler à ce propos, d’autres plus sceptiques et dubitatives; quelle que soit la catégorie des personnes (première ou deuxième), un certain nombre de préjugés sur la permaculture finissait souvent par faire leur apparition au cours de la conversation. J’entends ici des jugements préconçus (d’où le mot de « préjugés ») et qui pour le coup, sont plus ou moins fondés sur quelque chose d’existant, et donc sont souvent infondés, justement. Petit tour d’horizons et florilège d’a priori que l’on m’a opposé à mon projet.

SOMMAIRE

  1. La permaculture consiste à faire des buttes de culture en lasagne
  2. La permaculture c’est un retour en arrière
  3. La permaculture, ça ne marche pas car il faut de grandes surfaces pour cultiver
  4. On ne peut pas gagner sa vie en faisant de la permaculture
  5. « Mais il faut être « hippie-vegano-écolo-gauchiste » pour faire de la permaculture »

1)La permaculture consiste à faire des buttes de culture en lasagne

Image détaillant les différentes strates qui composent une butte en lasagne
Pour la méthode des buttes de culture en lasagne, je vous renvoie à cet article qui explique en détail comment s’y prendre et dont j’ai tiré l’illustration 🙂

En tête de liste arrive souvent cette affirmation, pour ceux qui ont déjà entendus parler de permaculture (pour les autres, voir les préjugés suivants). Ils ont alors souvent et vaguement en tête la création de buttes de culture avec du paillage, des feuilles mortes sur la terre, et un jardin qui ressemblerait plus ou moins à ça : (voir l’article dans Le Monde qui y est associé par là)

Buttes en permaculture
Illustration de buttes de culture et d’association des cultures au sein d’un article du Monde intitulé « Un jardin potager en permaculture »

Comme je l’expliquais dans mon article sur la définition de la permaculture, il s’agit là de méthodes et d’outils de biomimétisme utilisés en permaculture certes, mais au sein d’un système bien plus vaste. Du coup, utiliser une grelinette et faire des buttes de culture ce sont des moyens, mais ce n’est pas la fin en soi de ce qu’est la permaculture.

La permaculture, ce n’est pas des buttes de culture en lasagnes et des cultures désordonnées, c’est un système de planification d’un site permettant d’atteindre, par un agencement méthodique des éléments du système (habitation, eau, production d’énergie, production d’alimentation), une productivité et intensité maximale et ce, tout en respectant la biodiversité et les ressources naturelles présentes sur le site.

2)La permaculture c’est un retour en arrière

Souvent, les personnes à qui on ébauche quelques traits de la permaculture ou qui se renseignent sur internet quand on leur en parle, reviennent ensuite vers toi (véridique), en te disant quelque chose du genre : « en fait la permaculture, c’est ce que faisaient nos grands-parents ». Ils ont en grande partie raison, mais aussi tort (évidemment, sinon aucune plus-value de ce mode de pensée).

Ils ont raison parce que beaucoup de nos grands-parents étaient en partie ou totalement paysans. Ils avaient l’habitude de cultiver et conserver une partie de leur alimentation, avaient des animaux, un potager, des arbres fruitiers et tout ça la plupart du temps sans mécanisation, sans tracteur et sans pesticides (ah, les temps ont bien changés!).

Cependant, ils ont également tort, parce que souvent ce qui était pratiqué, n’était pas planifié ni pensé en interactions. J’entends par là, que nos grands-parents implantaient un poulailler, un potager et un verger dans trois espaces distincts du jardin, avec le compost au fond car n’étant pas esthétique et les poules qui grattent tout au sol dans leur zone à elles, et un espace au soleil pour le potager, un autre pour le verger, tout simplement une implantation au fil de l’eau, de manière plus ou moins hasardeuse en fonction des personnalités et compétences de chacun… Or, en permaculture, il s’agit de prendre en considération toutes les fonctions remplies par un élément, dans la mesure où un élément a plusieurs fonctions et une fonction est remplie par plusieurs éléments. Il s’agit aussi de penser et planifier les interactions entre ces différents éléments, et donc ne plus vouloir séparer toutes ces fonctions (les poules pour les oeufs en A, les arbres pour les fruits en B et le potager pour les légumes en C) mais au contraire optimiser le temps et l’espace en agençant au mieux les éléments en fonction de leurs fonctions. Je vous ai perdu ?

Concrètement, au lieu d’avoir un jardin qui pratique : 1 poulailler, 1 verger, 1 potager; on a plusieurs zones en permaculture mais qui vont combiner ces différentes fonctions avec par exemple : des poules qui vont profiter du verger pour assainir les fruitiers de leurs parasites (et manger les fruits pourris au sol), désherber au pied des arbres et donc limiter la concurrence des herbes hautes, qui elles pour leur part auront une partie de nourriture fraîche supplémentaire et vont pouvoir profiter de l’ombre des arbres. Je ne dis pas ici que nos anciens ne pratiquaient pas ce modèle et qu’il était impossible de trouver un poulailler avec des arbres fruitiers, mais simplement que ce « modèle » va être conscientisé et explicité de façon à penser les bénéfices, les interactions positives entre les différentes fonctions pour l’implanter sur le site, et intégrer tout cela au sein du design de permaculture. En somme, en permaculture on planifie, on anticipe et on pense chaque élément et structure de notre système pour parvenir à un tout raisonné, logique et optimisé.

L’autre préjugé dans la phrase « c’est un retour en arrière » concerne souvent les alternatives écologiques qui sont intégrées dans nombre d’habitations pensées sur le modèle de la permaculture: les toilettes sèches, la marmite norvégienne, le four solaire , le frigo du désert , l’isolation en paille etc…

Bon… Est-il vraiment utile de démontrer que ces éco-technologies ne sont pas rétrogrades ? Apparemment, il vaut mieux parfois… Du coup, je vous renvoie aux liens sur chaque alternative écologique citée pour le détail ( parmi tant d’autres! ), mais pour la vue d’ensemble, je me contenterai, pour l’instant, de ceci : quand on intègre le constat écologique désastreux actuel, qu’on souhaite changer tout en préservant notre confort (comme le fait de manger des aliments cuits et d’avoir des toilettes chez soi et ne pas devoir sortir dans la nature à chaque fois par exemple), eh bien, il faut forcément, me semble-t-il, accepter de sortir de sa zone de confort pour tenter de nouvelles choses.

Ces innovations, car oui, il s’agit bien d’innovations, mettent à disposition de toute personne (du fait de leur faible coûts), des technologies respectueuses de l’environnement et qui, contrairement aux énergies renouvelables comme les panneaux solaires et les éoliennes, ne nécessitent pas, ou très peu, de ressources non renouvelables pour être créées (cf les métaux rares dont l’impact environnemental est énorme; un podcast France culture sur le sujet ici). Les toilettes sèches sont respectueuses de l’environnement car elles éliminent le gaspillage d’une ressource indispensable à la vie, l’eau et éliminent un certain nombre d’autres problèmes, comme par exemple le traitement des eaux usées et la difficile élimination de restes médicamenteux dans nos selles. (J’en profite pour éliminer un autre préjugé sur les toilettes sèches : NON cela ne pue pas !) Le frigo du désert quant à lui, élimine complètement l’électricité nécessaire à la conservation de nos fruits et légumes (en hiver il suffit de mettre nos aliments dehors, en été on se saisit de notre frigo solaire ❤ et hop le tour est joué !

En somme, non, la permaculture n’est pas un retour en arrière, alors que les énergies non renouvelables, elles sont conservatrices et rétrogrades, mais plutôt d’une vision vers l’avenir et le long-terme intégrant de nouvelles découvertes, des low-technologies (je préfère pour ma part l’utilisation d’éco-technologie qui me paraît intégrer plus de résonances positives que « low »), des innovations et en développant constamment notre curiosité et notre imaginaire !

3)La permaculture, ça ne marche pas car il faut de grandes surfaces pour cultiver

Certaines personnes, en entendant la surface que j’ambitionne de cultiver, c’est-à-dire 3500m² (puisqu’il y a déjà 1000 m² d’un petit verger sauvage), m’ont répliqué d’un ton mêlé de pitié, de peur et d’une pointe de condescendance : « mais ça suffit pas pour faire de l’agriculture ! Il faut au moins 3 hectares ! Comment tu vas faire ?!  »

Déjà, première évidence, la surface dépend bien sûr de ce qu’on veut cultiver et récolter. La culture de céréales par exemple, nécessite une surface minimale plus importante que pour des fruits puisque dans le premier cas, on cultive des plantes qui produisent peu par plant et à l’horizontale alors qu’un arbre est extrêmement productif sur une petite surface, du fait de sa verticalité. Cette évidence en entraînant une autre, cela implique nécessairement d’adapter ses cultures à son site (ce qui me ramène au design, encore une fois, et à la nécessité d’une bonne planification du site pour éviter de nombreux problèmes). Il est également vrai que je ne pourrai pas faire de l’élevage de bovins sur 3500m².

En même temps, il est faux de prétendre que la permaculture sur 3500m² (et l’agriculture tout court) ne peut pas fonctionner sur une petite surface car si on y adapte nos objectifs et ce qu’on souhaite y produire et qu’on en tire les conséquences dans notre alimentation (comme ne pas se nourrir que de blé à longueur de journée par exemple), on se rend compte de suite du potentiel de cette surface. Intégrer de l’apiculture, des fruitiers, un poulailler, des légumes sur 3500m² est tout à faire envisageable pour le coup !

C’est notre modèle actuel d’agriculture qui impose de grandes surfaces pour cultiver, car il faut non seulement produire une monoculture, laquelle, pour être rentable et faire vivre son propriétaire (encore que, de toute évidence, cela n’est pas si vrai que ça) doit être produite en grandes quantités mais en plus rajouter à cette surface de grands accès et supports adaptés à la mécanisation de grande échelle. Par exemple, mécaniser (utiliser un tracteur autrement dit) dans un verger impose des allées beaucoup plus larges entre les rangs d’arbres que si on ne s’y rend qu’à pied ou avec un animal, et donc fait perdre de la surface productive, ce qui implique de rajouter de la surface totale au terrain pour aboutir à une surface égale de culture.

Nous avons adapté toute notre agriculture en fonction du modèle industriel, alors que la permaculture pour sa part, en donnant une large part au biomimétisme et à l’utilisation verticale comme horizontale de l’espace, permet de gagner de la place tout en augmentant la productivité sur un site donné. Donc, en changeant de paradigme de culture, en adoptant la permaculture, il est tout à fait envisageable de cultiver sur des surfaces bien plus petites que celles communément admises.

4)On ne peut pas gagner sa vie en faisant de la permaculture

Encore une fois, ce postulat et préjugé émerge quand on a en tête les paradigmes de l’industrie agro-alimentaire actuelle. Quels sont-ils – ces paradigmes- ?

Dans le système agricole et agro-alimentaire telle qu’il se pratique massivement en France et a fortiori encore plus aux Etats-Unis et en Australie par exemple, l’agriculture a été quelque part centralisée, tout comme l’acheminement de la nourriture vers les consommateurs finaux. Que comprendre par ce concept de centralisation appliqué au système agricole et de l’industrie agro-alimentaire?

Par centralisation, j’entends l’acheminement aux consommateurs principalement par le biais d’intermédiaires, c’est-à-dire nos supermarchés qui sont les distributeurs de notre alimentation. L’économie étant ce qu’elle est, le marché se compose le plus souvent de quelques grandes enseignes de supermarchés qui contrôlent et ont le monopole sur la majorité de l’alimentation qui parvient au consommateur final. Ils distribuent massivement la nourriture et comme ils se font également une marge, c’est-à-dire du bénéfice sur ces ventes et qu’ils ont le monopole du marché (ou presque), ils ont un pouvoir dans l’équation consommateur-producteur-distributeur sans commune mesure. L’éleveur et producteur laitier face à eux, est tout petit petit dans la balance et quand une grande enseigne leur impose un prix d’achat en leur disant « c’est soit 0.50 centime le litre de lait soit tu perds ta production copain » (mais c’est dit avec le sourire 😉 ), eh bien la plupart choisiront de vendre leur production 0.50 centimes le litre. Sans parler de leur pouvoir d’invisibilité qui consiste à aménager les rayons en fonction des marques qu’ils veulent mettre en valeur et vendre le plus, des autres qu’ils relèguent et rendent de ce fait invisibles…

Quelles conséquences découlent de ce rapport de force ? C’est très simple : si le producteur laitier (ou autre) veut pouvoir se dégager du chiffre à la fin du mois, payer ses factures, son logement et les licornes en peluche de ses enfants, il faut que, d’une manière ou d’une autre, le prix de vente de ses produits lui permettent de combler ses charges. Le système l’encourage donc a priori à produire en plus grandes quantités ses produits laitiers puisque pour 1 euros de charges, il lui faut vendre 2 litres de lait (à 0.50 centimes le litre, dont de surcroît 0.20 centimes vont au grand supermarché-distributeur) ; s’il pouvait vendre son litre de lait 0.90 centimes voire plus, cela lui permettrait, en produisant moins, de combler ses charges quand même.

Donc notre producteur (ou productrice évidemment, même combat) se pose devant ses frais de production et le prix proposé par le distributeur. D’un côté, on lui dit qu’on veut bien lui acheter son lait mais clairement au rabais et de l’autre elle/ il a ses vaches à nourrir, à soigner, le local à entretenir, son salaire à payer etc … Pour payer tout ça elle/il doit envisager de produire beaucoup plus que ce que le producteur et son salarié sont capables de travailler. Donc, ils vont se renseigner sur la nouvelle machine à tirer le lait qui a un rendement bien plus élevé que ce que leurs deux paires de mains seront jamais capables de faire dans le même temps. Mais pour rentabiliser cette machine qui coûte très cher, il va falloir prendre beaucoup de vaches en plus, car sinon le temps d’amortissement de la machine vu le prix d’achat et le prix de vente du lait serait énorme…

Vous voyez où je veux en venir? Oui, exact, à ce fameux serpent qui se mord la queue.

Alors qu’en permaculture, cela peut et cela doit se passer autrement : la permaculture privilégie les solutions lentes et à petite échelle et donc logiquement, les circuits courts ont le primat sur les intermédiaires. Cela veut dire que le producteur va vendre lui-même ses produits à ses consommateurs et ne va pas les étaler au supermarché. Donc, comme il y a une structure de moins qui se rémunère sur un même produit, cela augmente la marge que le producteur peut espérer tirer de ses produits. Il vendra son litre de lait peut-être toujours 0.50 centimes -encore qu’il soit désormais libre de fixer un autre prix- mais se rémunérera tout seul dessus, sans devoir soustraire le pourcentage du distributeur de ce prix. Cela implique aussi qu’il pourra produire moins pour obtenir une même rémunération (et donc que la surface n’aura pas besoin d’être aussi importante)

Par ailleurs, la permaculture suit une logique autre et fondamentalement opposée à l’agriculture mécanisée et industrielle: beaucoup se passent quasiment voire totalement de mécanisation du fait des impacts écologiques mais également du fait des charges colossales que cela impose. Si cela vous intéresse, je vous invite à simuler une recherche leboncoin pour le matériel agricole, pour un tracteur ou autre; vous verrez très vite que la moyenne des prix est extrêmement haute. Quand on doit se payer un engin aussi cher qu’un tracteur avec tous les accessoires qui vont avec, cela pèse très lourd dans le budget et les investissements de départ. Donc, avant de pouvoir se dégager un salaire sur sa production, il faut vraiment produire beaucoup et/ou très cher !

En réduisant les charges, en produisant de manière plus intense et productive pour une petite surface agricole, on peut espérer, non seulement gagner sa vie, mais peut-être même, mieux la gagner (en temps, en qualité de vie et en argent) que son homologue en agriculture conventionnelle !

PS: Pour les sceptiques à qui il faut des preuves, des chiffres et des études et pour tous les autres curieux, je vous invite à lire les rapports d’études scientifiques disponibles en libre accès sur le site de la ferme en permaculture du Bec Hellouin, dont des chercheurs de l’INRA sont venus étudier durant plusieurs années la performance économique ;). Les résultats sont édifiants et prometteurs !

5) »Mais il faut être « hippie-vegano-écolo-gauchiste » pour faire de la permaculture »

Histoire de faire quelques concessions, il est vrai que dans la logique permacole, il apparaît cohérent d’essayer d’être le plus sobre possible dans sa consommation ( « ouais t’es radin quoi »), de moins dépenser (« c’est bien ce que je dis, t’es radin! »), être dans une perspective zéro-déchet, moins gaspiller les ressources naturelles (eaux, terre, nutriments, énergie, voir ci-dessus sur les alternatives écologiques), repenser son alimentation pour diminuer son impact carbone … Cela est en relation avec l’écologie mais également avec la problématique de l’énergie que j’ai abordé dans cet article également :).

Cependant, j’objecterai l’anecdote suivante à ce stéréotype : j’ai eu l’occasion de rencontrer par un concours de circonstance, un conseiller en gestion de patrimoine. Ce Monsieur était arrivé avec sa grosse voiture (un 4*4 BMW flambant neuf), bien habillé, fort élégant etc… En accord avec l’intitulé de sa fonction, son quotidien consistait à conseiller des clients plus ou moins (mais quand même un peu) fortunés dans leur fiscalité et leurs investissements. Pas franchement bien disposée à son égard, j’étais en train de le dévisager avec méfiance quand tout à coup il se met à me parler de permaculture …

Sur le coup, je n’ai pas percuté, mon cerveau semblait incapable de produire une association entre cette personne qui renvoyait de tels signes manifestes d’épanouissement dans le système économique et de réussite financière et la permaculture, à la limite, j’en étais presque à croire qu’il me parlait d’autre chose que ce que moi je comprends sous ce terme. Et pourtant non: il revenait bel et bien d’un stage d’une semaine en Ardèche auprès de Steve Read, situait super bien Bill Mollison et m’expliquait qu’il faisait partie d’une association de préservation des haies vives en Alsace pour reconstituer l’alimentation des abeilles. Bref, cette personne m’a rappelé à quel point « l’habit ne fait pas le moine » et le fameux impératif « tu ne jugeras point mon enfant » *à dire sur le ton grave et cérémonieux le plus adapté à cette injonction terriblement difficile à respecter*, sont véridiques et me paraissent à même de répondre à ces préjugés qui voudraient que seules des personnes « radicales » et « marginales » (car c’est malheureusement souvent ce qui est implicite dans les suffixes en « -istes ») peuvent adopter la permaculture.

Quant à ce qui est de l’écolo, forcément, l’un va difficilement sans l’autre, je le concède volontiers. En tous cas, je n’ai pas encore rencontré ou lu de témoignages de grands adeptes des forages pétroliers offshore qui étaient à côté profondément convaincus par la permaculture… Même si là encore il faut toujours garder à l’esprit que chaque personne ne parle et n’existe jamais que par elle-même; que donc pour plusieurs individualités, cela constituera autant d’approches de l’écologie et de son rapport à l’environnement différentes. [C’est d’ailleurs pour cette raison que la permaculture propose des principes, certains outils mais jamais de « solutions clefs en main » transposables partout, en tout lieu et toute époque et qu’elle est nécessairement évolutive et adaptable].

J’en profite pour aborder également très rapidement le côté « vegan » de la chose (bien que j’aimerais y consacrer quelques lignes plus longues, car il s’agit là à mon sens d’un sujet très intéressant) pour dire que, telle que la permaculture a été conceptualisée à l’origine, elle a été pensée en nécessaire interaction avec les animaux (sauvages ET domestiques) car comme faisant partie du système planifié. Ainsi Bill Molisson ne conçoit pas, dans ses ouvrages, de système qui pourrait exister sans aucun type d’élevage ou d’animaux du fait des nombreuses interactions positives que les animaux suscitent sur le site. Cela ne veut pas dire, bien évidemment, que des vegans ne pourraient pas faire de la permaculture (en laissant la part belle aux animaux sauvages dans ce cas) mais simplement que la permaculture reconnaît les nombreux avantages et points positifs qu’il y a à intégrer des animaux sur son site et lors du design initial.

ll est vrai que la permaculture aborde un certain nombre de problèmes suscités et causés par notre système actuel (sur le plan économique, de production, de gestion de l’énergie, des humains etc…) et que par conséquent, elle se place dans une perspective plutôt critique. Néanmoins, cela ne préfigure en rien le profil sociologique / politique et les convictions profondes des individus qui s’empareront de la permaculture et heureusement, car avant que tout le monde ait la même vision du monde et les mêmes convictions … J’espère au contraire de plus en plus de gens de tous horizons seront intéressés par cette approche et l’adopteront au moins pour leur habitation !

J’en ai déjà (vraiment?) fini avec les 5 clichés que j’ai le plus rencontré au cours de mes conversations sur la permaculture ; j’espère que ce TOP 5 aura permis pour certains de mieux comprendre ce qu’est la permaculture; si ce n’est pas le cas, je t’invite à lire mes prochains articles qui seront tous consacrés, ou presque, à cette approche 😉

Un commentaire sur « TOP 5 des clichés sur la permaculture »

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