Acte 1 : De mon esprit germa une drôle de graine

Une graine multi-causale
Une sensibilité croissante pour l’écologie
Il y a maintenant quelques années de cela que j’ai commencé à vraiment m’intéresser à l’écologie. J’entends par là qu’auparavant j’y étais sensibilisée mais uniquement mentalement, sans appliquer à mon mode de vie ce que je dénonçais par ailleurs. Du genre : « ah la la ces industries polluantes, c’est inacceptable! » * disait-elle, mangeant sa pizza surgelée avec du frauxmage après avoir consciencieusement jeté l’emballage plastique dans la poubelle* … Bref il y avait un fossé, plutôt un océan entre mes actes et mes principes.
Puis j’ai eu quelques soucis de santé; plutôt de l’eczéma aussi envahissant que du lierre grimpant. Après moult rendez-vous chez mon généraliste, chez des dermatologues qui me prescrivaient des corticoïdes, crèmes et savons aussi chers qu’inefficaces, après que mes professeurs et interlocuteurs m’eussent tous regardés d’un air troublé devant mes plaques sur le visage et sur le cou *façon femme battue qui ne se l’avoue pas trop*, j’ai explosé et me suis tournée du côté obscur de la force … Entendre : j’ai exploré les voies de l’aromathérapie ( = soins par les huiles essentielles), de la phytothérapie et médecine plus douce.
Donc, je passe de mes pizzas surgelées bien industrielles à la respiration ventrale du yoga, les salutations au soleil, des cataplasmes d’argile et un changement d’alimentation.
Quel rapport avec l’écologie ? Et avec la permaculture M’dame ?!
Tout simplement une prise de conscience: quand tout mon maquillage et mes savons me brûlaient la peau et me faisaient pleurer d’inconfort et de douleur, je me suis quand même dit qu’il devait y avoir un problème ; quand par contre me laver à l’argile me supprimait cette douleur … Disons que cela m’a matérialisé à quel point ces produits étaient nuisibles pour moi, comme pour l’environnement.
Du coup, j’ai gentiment arrêté tous ces charmants produits et je me suis renseignée sur les composantes nocifs, chimiques et écologiquement invasifs (du style acidification des cours d’eau provoqués par des composants résiduels de nos produits ménagers et cosmétiques du quotidien) mais également sur les alternatives plus naturelles. Et là: magie ! Tout allait mieux, mes plaques se sont réduites très rapidement…
Une chose en entraînant une autre, un cercle, que j’ai la prétention de qualifier de vertueux, s’est instauré et j’ai progressivement pris conscience de ce que je pouvais faire à mon échelle pour améliorer mon impact écologique (j’essaye d’appliquer au mieux les 5 commandements de la parfaite écolo depuis 😉 ). Certes, tout n’est pas parfait, j’ai encore une grosse marge de progression mais petits pas par petits pas, jours après jours, je m’améliore et inclus désormais de plus en plus de choses dans ma pratique et vision écologique.
Et un jour (je ne sais plus très bien comment d’ailleurs), j’ai découvert la permaculture. Au début, je l’ai simplement apparenté à une bonne méthode de jardinage plus respectueuse du sol et de la biodiversité, mais progressivement, en me renseignant et en me documentant de plus en plus, j’ai été passionnée par cette approche (que je présenterais du mieux que je peux au cours de mes différents articles). Depuis, je lis tout ce que je peux sur le sujet, et les potentialités me paraissent telles que j’ai décidé d’en faire mon métier 😉
Un passage de la vie étudiante à la vie professionnelle « pas aligné »
En dernière année d’études, un « coach de vie » a été invité pour une intervention de deux heures auprès de nous, étudiants en future insertion dans la vie active (j’étais un peu dubitative devant le personnage au début mais c’est finalement une intervention que je garde en souvenir et que j’aime à me remémorer). Il nous a parlé de beaucoup de choses (les neurones miroirs, l’attitude bienveillante au travail…) mais ce qui m’a le plus marqué c’est la notion d’alignement qu’il a développé : selon lui, nous autres, êtres vivants et travailleurs, devions nous efforcer d’être alignés avec nous-mêmes et avec nos valeurs, notre personnalité etc…
Cela peut paraître d’une évidence presque absurde et pourtant, en développant cette notion, il nous montrait et soulignait simplement tous ces compromis que nous faisons avec nous mêmes dans notre cadre professionnel : par exemple, accepter un poste pour son salaire plutôt que pour le fond du travail, accepter un environnement agressif pour les autres avantages que cela représente (proximité avec le domicile, horaires avantageux ou que sais-je encore). Evidemment, tout le monde dira: « mais la vie active n’est justement qu’une succession de compromis de notre part, y’a pas le choix, faut bien manger ». Certes… Toutefois, son point central dans sa démonstration consistait à dire: moins l’alignement est optimal, plus nous faisons de compromis sur notre personnalité, nos valeurs et aspirations, moins nous serons épanouis et capables de durer psychologiquement et même tout court dans notre cadre de travail.
Il nous avait également enjoint de noter par écrit toutes nos valeurs, tous nos points fondamentaux et ce qui guidait nos actes; bref ce qui était notre moteur pour se lever le matin, etc… Quand j’ai postulé à mon poste actuel, je pensais candidater pour un poste où je serai justement alignée avec moi-même et mes valeurs phares.
Pourtant, je ne l’étais pas et il m’a fallu de longs mois pour le comprendre et surtout pour me résigner au fait que je n’étais pas épanouie (alors même que j’avais tout apparemment, pour l’être: un bon salaire, un cadre de travail super avec énormément d’avantages, des collègues avec lesquels je m’entends vraiment bien, du sport à proximité, des horaires pas trop fatiguants, une flexibilité dans les congés…) surtout concernant le fond de mon travail. Exemple parmi d’autres: je suis une littéraire de base, qui apprécie l’écriture, la prose, bref un tantinet de tournures agréables à l’œil et aux oreilles, mais mon travail se passait exclusivement sur tableur où la « prose » et l’inventivité littéraire n’était pas trop de mise (bien que la régularité graphique des cases « oui « , « non » et « commentaire » soit d’un représentatif de l’esthétisme des temps modernes … 😉 ); encore un exemple qui aurait dû me « mettre la puce à l’oreille » : je suis de nature assez créative et, bien que n’étant pas artiste, j’aime créer, accorder de l’importance aux détails, avoir une certaine liberté dans les formes et dans le fond… Et là encore mon poste était en inadéquation avec ma personnalité.
Bref, quelques angoisses et de nombreux stress plus tard, je me suis résolue à affronter la vérité en face: je n’étais pas faite pour mon poste ni bonne en cela (tout en m’efforçant de faire mon travail au mieux, mais chassez le naturel… il revient tout frustré!).
En parallèle de cela, la nature, les arbres, la forêt, l’écologie … Tout cela devenait un appel criant et profond pour moi, si bien que travailler en ville était juste incompatible pour moi, tout comme travailler en intérieur.
Un besoin « d’exode urbain »…
Par suite logique à ma transition écologique, je me suis de plus en plus intéressée à mon environnement immédiat et global. Etant de nature contemplative et solitaire, les occasions qui m’étaient donné en voyage d’observer les merveilles et beautés de la nature ne faisaient que me renvoyer en pleine figure l’univers bétonné et stérile de beauté dans lequel j’évoluais (du moins selon mon point de vue); j’avais besoin de vert, d’arbres, de silence et d’odeurs naturelles et j’avais le bruit de la ville, les odeurs du bitume et la couleur grise des immeubles… En somme, je me sentais oppressée et étouffée.
Nous nous sommes mis d’accord sur le fait de déménager en campagne avec mon conjoint, et sommes partis à la recherche de l’habitation parfaite. Or, j’avais déjà en tête l’idéal d’une ferme alsacienne à rénover avec possibilité d’un potager, d’animaux et d’un environnement paysan à souhait. Finalement, après de nombreuses recherches, ce ne sera pas un corps de ferme mais une ancienne grange avec grand terrain en Moselle qui nous aura conquit; et ce lieu étant tellement enchanteur par ses forêts avoisinantes, sa végétation et ses arbres que j’ai eu envie d’y faire mon projet de ferme mais professionnel cette fois !
Tout ça pour dire …

Tout ça pour dire qu’une reconversion professionnelle, qui dans mon cas est suffisamment radicale pour impliquer de nombreux changements, vient je le pense, de nombreux facteurs, d’une poétique personnelle et de circonstances diverses qui nous font converger progressivement vers un même point; en l’occurrence, ce sont tous ces motifs et plus encore, qui expliquent mon choix.

Quel plaisir de lire ta plume et de te savoir si épanouie et réfléchie dans ton projet ! Je t’envoie tout mon soutien, et mon admiration et reconnais bien ton dynamisme qui m’avait tant charmée au lycée ! Des bisous !
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